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Imaginez, Raphaël Enthoven et Chen Jiang Hong

Imaginez est un album du professeur de philosophie et essayiste Raphaël Enthoven illustré par Chen Jiang Hong. Il est paru en août 2019 à L’École des Loisirs.

L’amour, la mort, la sagesse, le bonheur, la vérité, autant de concepts sur lesquels il est intéressant de se pencher pour mieux vivre. Raphaël Enthoven le fait avec humour et simplicité dans cet album, en consacrant une page à une idée, tandis que Chen Jiang Hong l’illustre par une scène anthropomorphique.

Inspiré de l’émission éponyme diffusée sur Arte et animée par l’auteur, cet album est un petit condensé de philosophie sur des thèmes variés qui se déguste comme une petite douceur. Raphaël Enthoven se penche sur ces concepts et amène son lecteur à réfléchir sous forme de contes très courts (une minute de lecture chacun). Son style à la fois simple et accessible, parfois piquant, lui permet d’énoncer des paradoxes ou des incohérences et de laisser le champ libre à la réflexion à la fin de chaque histoire.

Destiné à un public adolescent qui s’ouvre à ces questions, cet album est un petit bijou magnifiquement illustré par les dessins à la fois absurdes et humoristiques de Chen Jiang Hong. Il se feuillette au gré des envies et permet de s’interroger en une minute sur une idée. Excellent !

Je me suis régalée à le dévorer d’une traite, notant tout un florilège de citations que je ne peux m’empêcher de partager avec vous. Un grand merci à L’École des Loisirs pour la découverte de cet album à côté duquel j’aurais pu passer. A lire, à s’offrir et à offrir aux adolescents autour de vous !

« C’est une folie de remédier à l’arbitraire d’un dégoût par l’arbitraire d’une contrainte. On a parfaitement le droit de ne pas aimer quelques chose qu’on ne connaît pas. En un sens, il ne faudrait jamais goûter les choses qu’on n’aime pas ; c’est la meilleure façon de les détester. » (p.9)

« Parler tout seul, c’est assumer une solitude inévitable, et reprendre (où on le veut) la discussions à une voix qui nous rapproche de nous-mêmes. »(p.14)

« Dire « je suis trop bête pour comprendre », ce n’est pas confesser son impuissance mais, à l’inverse, se prendre pour le centre du monde au point d’ériger sa propre cécité en règle universelle de perception. « Je ne comprends pas, donc vous ne comprendrez pas, donc c’est nul… » CQFD. » (p.18)

« Parce qu’on ne se tait pas avec le premier venu. Il faut soigneusement choisir la personne en face de qui l’on peut se taire. Se taire face à quelqu’un qu’on ne connaît pas, c’est partager une véritable intimité avec cette personne. Le silence est une réponse au malaise, qui accroît le malaise. » (p.22)

« Il faut être un mouton pour croire qu’on est original, et il faut être une plante pour croire que nos racines nous définissent. » (p.24)

« La sobriété, c’est une ivresse qui s’ignore, alors que l’ivresse est un délire au moins conscient de lui-même. » (p.72)

« Il faut être fou pour croire qu’on peut être sage. Et il faut être sage, déjà, pour savoir qu’on ne le sera jamais. » (p.90)

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L'Irrégulière
6 mois il y a

Ah oui, ça a l’air vraiment bien !!

Chicky Poo
5 mois il y a

Oh il a l’air sacrément intéressant ce bouquin ! Je me le mets directement dans le panier de la médiathèque ! Vivement la fin du confinement 😉

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