Essais

Vous êtes fous d’avaler ça ! Christophe Brusset

Vous êtes fous d’avaler ça ! est un essai de l’ancien acheteur pour l’industrie agroalimentaire Christophe Brusset. Il est paru en septembre 2015 chez Flammarion.

Du pesticide dans le thé en passant par les tomates moisies, les crottes de rat dans le piment, la confiture de fraises sans fraise, le faux safran, le jambon injecté d’eau et d’arômes ou encore les framboises à confiture remplies de vers, Christophe Brusset dénonce dans cet essai les dérives dont il a été témoin mais aussi complice, durant ses vingt années dans l’industrie agroalimentaire.

Attention, si vous ouvrez ce livre, vous ne regarderez plus jamais votre assiette comme avant. Christophe Brusset ne prend pas de pincettes quand il dénonce ce qu’il a pu voir durant sa carrière, et ça fait mal. Très mal. Si vous vous croyiez à l’abri, comme moi, vous tomberez quand même de haut car dans votre cuisine, même s’il ne trône pas de boîtes de raviolis ou de plats surgelés, vous avez certainement quelques épices en poudre non bio qui traînent, une boîte de conserve de légumes ou encore une confiture. Et après votre lecture, vous ne les regarderez plus comme avant, je vous le garantis !

Prise dans ma boulimie d’essais, j’ai dévoré Vous êtes fous d’avaler ça ! en une journée, incapable de cesser ma lecture, tombant des nues à chaque chapitre. Le style est simple, journalistique, et ne s’encombre pas de fioriture. Christophe Brusset est là pour dénoncer, et c’est ce qu’il fait, en trente chapitres thématiques. Trente chapitres cinglants et sans fard qui balayent les entourloupes auxquelles il a assistées, voire qu’il a cautionnées, et qui sont autant de confirmations que le profit est privilégié au détriment de l’intérêt du consommateur. Heureusement, l’auteur termine son propos par des conseils pour s’y retrouver en faisant ses courses, mais l’ensemble est suffisamment choquant pour déposer un voile de suspicion sur les produits qu’on achète.

Je suis sortie de ma lecture sonnée, dégoûtée et en même temps révoltée. En ne mangeant pas transformé, je pensais être épargnée mais je me rends compte que pas forcément, avec les écarts non bio que je fais de temps en temps, comme une confiture ou encore un bocal de cœurs d’artichauts. Alors oui, ça coûte plus cher de bien manger, d’acheter que du bio, mais c’est un choix qu’on fait à la maison, au détriment du dernier Iphone, d’une garde-robe sans cesse renouvelée en fast fashion, de multiples repas à l’extérieur. Mais non seulement notre porte-monnaie s’en porte mieux, mais je ne regarde pas mes placards avec un œil dégoûté après cette lecture.

A lire, de toute urgence. Sans hésiter une seconde. Et ensuite, prendre les mesures qui s’imposent pour être au clair avec son alimentation.

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Fattorius
1 mois il y a

Cela a l’air fort intéressant! Sans doute le livre est-il plein d’exemples inquiétants. De plus, j’aime aussi lire des essais de temps en temps.
Merci pour le partage!

Chicky Poo
1 mois il y a

Il y a des choses que je ne soupçonnais pas, mais les pesticides dans le thé, je l’avais lu quelque part. Et un de mes oncles à travaillé dans sa jeunesse pour une marque de raviolis, la viande arrivait dans des cartons avec du fil plastique autour pour les maintenir fermés : tout partait dans la préparation des raviolis. Alors quelque part je ne suis pas surprise… Je viens de regarder sur le site du réseau de ma médiathèque, il est dispo en numérique, j’attends de recevoir la nouvelle liseuse (j’ai dû rendre celle que j’avais empruntée, on nous les… Lire la suite »

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