Biographies et écritures du moi

Paul Watson : Sea Shepherd, le combat d’une vie, Lamya Essemlali

Paul Watson : Sea Shepherd, le combat d’une vie est un essai de Lamya Essemlali paru initialement en 2017 chez Glénat avant de sortir en poche le 6 janvier dernier chez Harper Collins.

Paul Watson, l’homme fiché par Interpol et dont la tête est mise à prix par la mafia Taïwanaise. Son méfait ? Défendre les animaux marins du braconnage. A bord de l’un de ses bateaux et aidé d’équipes de bénévoles, il parcourt les océans du globe à la poursuite des baleiniers, massacreurs de phoques et de dauphins. Haï par les gouvernements de nombreux pays (le Japon et le Canada en tête, pays où il a mené des missions médiatisées pour lutter contre le massacre de dauphins et de phoques), Paul Watson n’a jamais failli dans ses objectifs ni mis de côté ses valeurs. Depuis 40 ans, les petits bateaux de Sea Shepherd sillonnent les mers du monde et font trembler les plus gros bâtiments. A l’occasion de cette date anniversaire, Lamya Essemlali – fondatrice de la branche française de l’association – revient sur le parcours de Paul Watson au travers d’entretiens et de témoignages.

Paul Watson n’est ni plus ni moins qu’un héros de ce siècle. Et je n’exagère pas. Malgré son arrestation en Allemagne, malgré les risques des missions qu’il mène, malgré les menaces des diverses mafias du monde, il n’a jamais failli face à l’adversité et fait sienne son idée de pouvoir mourir pour une baleine. Peu sont capables aujourd’hui de défendre une cause jusqu’à la mort. Ouvrir cet essai, c’est prendre une grande leçon d’humilité. C’est reconsidérer sa propre vie à l’aune de celle de Paul Watson, parfois obligé de se cacher de long mois pour éviter une arrestation pourtant illégale. C’est repenser ses habitudes de vie anthropocentrées et prendre de la hauteur pour en comprendre les conséquences (40% des animaux pêchés servant à nourrir les animaux terrestres destinés à la consommation humaine, ça questionne, c’est évident). C’est prendre une grande claque, c’est certain.

Lamya Essemlali dresse le portrait de cet homme adulé autant qu’haï, qu’elle côtoie depuis de nombreuses années. Adoptant un point de vue le plus objectif possible, elle retranscrit ce qu’elle a vécu à ses côtés mais aussi les entretiens qu’ils ont menés, afin de donner à voir l’homme dans toute son authenticité et comprendre les raisons de son engagement total. Elle présente l’association, ses missions emblématiques mais aussi celles moins connues, et permet de voir ce qui se cache derrière l’exploitation des animaux marins. C’est dur, certaines anecdotes sont glaçantes, mais c’est ce qui se passe vraiment. Et on ne doit pas fermer les yeux.

À la maison, nous aidons Sea Shepherd à notre petit niveau, en défendant les valeurs de l’association, en achetant t-shirts et sweats floqués du célèbre drapeau pirate (même Zelda a eu droit à son body !), en parlant de ce qui se passe vraiment, derrière la pêche et les conséquences de la surexploitation des océans. Nous faisons peu, mais nous faisons ce que nous pouvons. Lire cet essai m’a donné envie de faire beaucoup plus, c’est certain. Un grand merci aux éditions Harper Collins pour cette lecture coup de poing. A lire sans hésiter une seconde pour comprendre les conséquences de nos actes et agir au plus vite.

« Nous avons conçu notre propre drapeau de pirate que nous avons adapté à partir de l’original pour coller à nos objectifs de conservation : un dauphin et un cachalot en position de yin et de yang sont incrustés dans le crâne pour symboliser la mort infligée aux mammifères marins ; les os humains ont été remplacés par le trident de Neptune, le dieu de de la mer, et la crosse du berger, car Sea Shepherd a pour mission de protéger les troupeaux marins en haute mer. » (p.176)

« Pour un défenseur des océans, manger de la viande est une contradiction. Plus de 40% des poissons pêchés servent à nourrir les animaux de ferme ou le poisson d’élevage. » (p.194)

« L’activité la plus écologiquement destructrice sur la planète aujourd’hui est la pêche. Pourquoi ? Parce que les pêcheurs sont maintenant en mesure de détruire la vie sur cette planète telle que nous la connaissons. » (p.206)

« Même si Sea Shepherd ne soutient aucune pêcherie, nous faisons néanmoins une différence entre ceux qui souhaitent que leurs enfants puissent pêcher après eux et ceux qui souhaitent sciemment vider les océans pour devenir les possesseurs exclusifs d’une espèces qu’ils auront exterminée de son milieu naturel. » (p.208)

« Oscar Wilde a dit : « Chaque fois que l’on produit un effet, on se crée un ennemi. Il faut rester médiocre pour être populaire. » Défendre les océans nécessite de faire du bruit et de dire aux gens des choses qu’ils n’ont pas envie d’entendre. Cela veut dire aussi faire des choses qui peuvent rendre les gens fous de rage. » (p.221)

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Chicky Poo
6 mois il y a

Je suis certaine qu’il est super intéressant ce bouquin. Je note ça dans un coin, je pense que j’y viendrai 🙂

FondantGrignote
6 mois il y a

Merci pour ce partage inspirant ! (et pour le bébé militant qui va avec ^_^)

Blandine
6 mois il y a

Je voudrais le lire!

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