Littérature française

L’énigme de la chambre 622, Joël Dicker

L’énigme de la chambre 622 est le dernier roman du genevois Joël Dicker, dont La vérité sur l’affaire Harry Québert avait connu un franc succès lors de sa sortie en 2012. Il est paru le mois dernier aux Éditions de Fallois.

Un soir de décembre, au Palace de Verbier, dans les Alpes suisses, un meurtre est commis. Malgré les indices, la police ne trouvera jamais le coupable et l’enquête n’aboutira pas. Des années plus tard Joël, écrivain, vient passer quelques jours dans ce même hôtel, suite à une rupture amoureuse. Lorsqu’il s’étonne de l’absence de la chambre 622 au profit de la chambre 621 bis, il ne se doute pas du mystère qui plane autour de cette chambre. Sa curiosité piquée, il décide d’enquêter sur ce qui s’est réellement passé cette nuit de décembre au Palace de Verbier.

Depuis que j’ai découvert La vérité sur l’affaire Harry Quebert, Joël Dicker fait partie des écrivains dont j’attends avec impatience chaque nouveau roman. Après Le Livre des Baltimore et La disparition de Stéphanie Mailer j’étais donc ravie de me plonger dans cette nouvelle intrigue, même si la quatrième m’avait laissé un goût de déjà-vu.

Véritable roman à tiroirs, L’énigme de la chambre 622 entraîne son lecteur dans la ville natale de l’auteur, Genève, et alterne plusieurs époques : le présent où l’écrivain enquête sur le meurtre, le meurtre à proprement parler et quinze ans avant celui-ci. Si le procédé est habituel chez le romancier, il en abuse un peu dans ce nouveau roman, faisant monter le suspense pour mieux laisser son lecteur en plan et changer d’époque. C’est bien ficelé, mais parfois un peu gros et agaçant. Il n’en demeure pas moins que l’intrigue est addictive, comme toujours avec cet écrivain, et que le lecteur est happé par sa lecture, désireux de savoir qui a été tué et surtout, par qui et pourquoi.

Pour la première fois, et certainement à cause des circonstances particulières, Joël Dicker se met en scène dans son intrigue sous les traits de l’écrivain. C’est lui qui mène l’intrigue, qui débute dans son appartement genevois où le romancier habite réellement, et fiction et réalité se confondent dans un méli-mélo intéressant. L’auteur en profite pour distiller un hommage vibrant à son éditeur, Bernard de Fallois, disparu en 2018, tout au long de son roman, et qui semble être la véritable raison de son apparition dans son roman.

Malgré quelques lourdeurs sur la fin de l’intrigue – avec une foultitude de dénouements qui s’effondrent les uns après les autres avant le dénouement final – L’énigme de la chambre 622 est un roman encore une fois très agréable à découvrir. Certains détracteurs y trouveront des ficelles grossières et trop de rocambolesque, mais de mon côté j’ai passé un agréable moment en Suisse entre Genève et le Palace de Verbier, au milieu de ces personnages. Joël Dicker va peut-être un peu trop loin dans ce qu’il sait faire et devient maladroit au fil de ses romans, mais il m’a encore une fois surprise et séduite avec une intrigue retorse et bien ficelée et un dénouement inattendu malgré tous les indices sous mon nez.

Bref, L’énigme de la chambre 622 ne vaut certainement pas un Harry Quebert, mais j’ai passé un très bon moment entre ces pages, et c’est bien là l’essentiel.

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FondantGrignote
25 jours il y a

« Harry Quebert » m’avait complètement conquise pendant le confinement alors je note ce titre-ci, surtout pour le cadre. Bon week-end ! ^_^

Chicky Poo
24 jours il y a

J’ai lu un article du Monde assez désagréable sur Joël Dicker, disant en gros qu’il ne méritait pas un statut d’écrivain, sous prétexte qu’il n’était pas assez « littéraire » et que son éditeur l’avait un peu pistonné. J’ai un peu halluciné de l’élitisme de cet article. J’ai adoré Harry Québert, un peu moins les deux suivants. Je lirai celui-ci je pense, même si j’avoue que le résumé me donne un petit goût de « déjà-vu ». Cela dit, ça n’en reste pas moins un écrivain. Enfin bref ! 😉 Bon dimanche Soukee 🙂

Céline
24 jours il y a

Un auteur qu’il faut que je découvre et je commencerai certainement par « La vérité sur l’affaire Harry Quebert ».
Bon dimanche !

Enna
24 jours il y a

J’avais adoré Harry Quebert et détesté Stephanie Meyer alors je n’arrive pas à savoir si je lirai à nouveau cette auteur…

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